
Par Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé
Nul ne sait aujourd’hui ce qu’est devenue la banque de données dans laquelle Jules Verne puisa pour rédiger ses livres. Nous pouvons supposer que cette vaste bibliothèque était celle de l’Invisible Collège auquel appartenu René Descartes.
L’Invisible Collège était composé des Très Illuminés Frère de la Rose+Croix.
IL était le nom répandu dans le public pour expliquer que les frères de la Rose+Croix n’étaient pas réunis en un lieu, car ils vivaient dans tous les pays d’Europe.
Des auteurs sérieux prétendent que l’Invisible Collège s’est perpétué jusqu’à nous. Tout en restant d’une extrême prudence, nous ne pouvons pas totalement exclure cette hypothèse, car des messages hermétiques, sculptés dans la pierre, nous laissent supposer qu’au cours des siècles, des initiés ont légué au futur des symboles inaltérables.
En 1668, dix-huit ans près la mort de Descartes, le vénérable frère de Bohème Comenius fit publier Le Chemin de Lumière, écrit en 1640, il le dédicace à ses frères illuminés de la Royal Society fondée en 1660.
Il s’adresse à eux en ces termes :
“...Illustres Sirs ! Ce n’est pas un hasard qu’un livre intitulé The Way of Light doit vous être envoyé, hommes illustres dont les travaux pour tirer la lumière de la philosophie naturelle (science de la nature) du puits profond de la vérité vont être révélés et publiés à travers l’Europe. C’est à très juste titre, puisque cet ouvrage a été conçu dans ce pays (l’Angleterre) qui nous offrait asile pour cette recherche de la Lumière et de la Vérité qui est maintenant passée sous votre surveillance, conformément à la Parole du Christ, applicable au sens propre en cette occasion: “D’autres ont labouré et vous avez récolté.”
“A travers le monde, la nouvelle sera claironnée que vous êtes engagés dans les travaux dont le but est d’assurer que la connaissance et l’empire de l’esprit humain sur la matière ne sera plus longtemps une chose incertaine et faible.”
L’âme de l’Invisible Collège se reflétait dans le Discours de la Méthode de René Descartes, quand ce dernier écrivait:
“La métaphysique constitue les racines de l’arbre de la Connaissance dont les sciences sont les fruits.”
Descartes a réhabilité la Tradition, tenue sous le boisseau pendant des siècles. Les idéologues de toutes tendances ne lui ont pas pardonné !
Maitre et initié
Jules Verne était un initié. Il fut sans doute le porte-parole d’un Invisible Collège qui à travers lui nous a délivré un testament concernant la fin de notre cycle.
Dans tous ses livres, il a codé ses textes et camouflé subtilement dans les gravures qui les illustrent des renseignements parallèles, que bien peu soupçonnent. Ils sont souvent d’importance. D’après ces illustrateurs, il paraît que cet auteur était fort attaché au tracé des dessins et qu’il faisait recommencer ceux qui étaient trop différents des maquettes qu’il leur soumettait. Certes, indices, anagrammes, positions, localisations de paysages viennent appuyer ou rectifier le texte de l’écrivain.
Jules Verne, prophète-profane, vécut dans l’intimité d’une foule de savants. Cette chaîne de scientifiques devait avoir des racines communes : une société initiatique plus que discrète !
Nous savons que son approche de la science fut des plus sérieuses. A l’automne de sa vie, le romancier coucha sur le papier toute l’angoisse qui semblait s’être emparée de lui, dans une de ses œuvres parmi les moins connues : Sans dessus dessous.
L’auteur affirmait alors que son livre reposait sur des bases sérieuses. Il constituait une sorte d’accusation contre le scientisme. Initialement Sans dessus dessous s’appelait Le Monde renversé. On y fait la connaissance avec un groupe d’industriels américains décidés à modifier l’axe de la terre.
Jules Verne laisse deviner tout son désenchantement envers la science dont il pressent les futurs dévoiements au bénéfice du profit. Cette “science sans conscience”, celle que condamnait déjà le bon Rabelais, se préparait à induire un cataclysme artificiel. Après que les puissances de l’argent eurent acheté le pôle Nord, un terrible engin explosif, inventé par des Pieds Nickelés de génie, devait provoquer un basculement de la planète.
Ses héros du Gun Club de Baltimore, rêvant de faire fondre les glaces polaires afin d’exploiter les houillères d’”Ultima Thulé”, auraient tout bonnement noyé la moitié de l’humanité et asphyxié l’autre !
Si nous analysons aujourd’hui les effets néfastes de la pollution sur notre environnement, nous pouvons nous demander si le Gun Club n’a pas implanté sur tous les continents ses antennes tentaculaires ?
Mais en situant son action au pôle Nord, Verne fait une allusion voilée au “mythe de l’Agartha” :
“Le mystère, c’est l’irréalisable desideratum des cartographes, et nul ne sait ce que cachent les glaces du pôle Nord.”
Jules Verne explique que le titre, Sans dessus dessous, est choisi par lui quoique non grammaticalement français, pour expliquer qu’il ait voulu mettre en scène un bouleversement, et qu’il n’avait plus de sens.
Cet ouvrage ne fut pas une réussite à la vente, car un pareil sujet ne pouvait qu’étonner grandement le lecteur de l’époque.
L’auteur précise :
“Le roman que nous venons de présenter au public repose, comme nos travaux antérieurs, sur les bases les plus sérieuses, malgré ses apparences ultra fantastiques”.
Illustration par Christophe Villa-Mélé
de bien vouloir en préciser la provenance ; d’avance merci. »
Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé
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