Par Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé
Le 19 Septembre 1936
Le 19 septembre 1936 vers 16h00, deux photographes de grande réputation, Captain Provand et son assistant Indre Shira, sont
en train de prendre des clichés du vieux hall historique de Raynham pour le magazine Country Life. Les deux disciples de Nicéphore Niepce opèrent sans hâte, lorsque tout à coup Shira voit une
forme brumeuse sur les escaliers.
Il crie à Provand pour le prévenir et lui demande de faire un cliché. Captain enlève le cache de l’objectif, tandis que
Shira presse le déclencheur pour le flash. La forme s’évanouit quelques secondes plus tard.
Avant de développer le négatif, Shira insiste pour qu’un observateur indépendant soit là pour vérifier la réalité de
l’événement. Il s’empresse d’aller chercher un chimiste nommé Benjamin Jones, qui gère les locaux situés au-dessus du studio de développement. Trois témoins assistent donc à l’opération, qui
révèle la réalité du phénomène.
Le 26 décembre suivant, la photo est publiée dans Country Life, avec le récit détaillé des circonstances dans lesquelles
elle a été réalisée.
Des spirites s’empressent d’enquêter sur la « Brown Lady » qui hante ces lieux. Pour eux, il s’agirait de Dorothy
Walpole, qui aurait été assassiné par son mari, à l’âge de 40 ans, le 29 mars 1726.
La « Dame en Noire » n’a pas été revue depuis 1936, mais sa photo, devenue célèbre, sera reprise par de nombreux
magazines et figurera dans divers ouvrages.
George Langelaan, un héros des services de renseignements de la dernière guerre, à qui l’on doit de nombreux ouvrages sur
l’Etrange, vécut une très intéressante expérience dans une maison hantée, en Angleterre.
Un fantôme se manifestait tous les soirs à la même heure, à l’étage supérieur de la demeure, celui-là même où Langelan
avait sa chambre. Un jour, alors qu’il sortait de son bain, George entendit le parquet de la galerie qui donnait accès à son appartement craquer. S’entourant la taille d’une serviette de bain, il
sortit sur le palier et vit les lames de bois s’enfoncer seules, comme sous le poids d’un homme invisible qui venait vers lui. N’ayant pas froid aux yeux, il se mit en travers le chemin du
« revenant ». Ce dernier poursuivit son parcours. Le parquet s’enfonça devant les pieds de Langelaan. Le fantôme le traversa, sans qu’il ressente le moindre effet, et continua sa
sempiternelle promenade !
Le retour de Raspoutine!
A la fin du mois de février 2004, la presse ruse relata un bien curieux fait divers qui se déroulait à Saint-Pétersbourg.
Le fantôme de Raspoutine hantait toujours son ancien appartement.
Au 64 de la rue Gorokhovaïa, en plein centre de Saint-Pétersbourg, Alexandre Doumtchenko, affirme que le fantôme de
Raspoutine est toujours là. Il se manifeste en nous touchant l’épaule lorsque l’on passe dans le couloir, dit le brave homme.
Grigori Raspoutine, âme damnée du couple impérial Alexandra Fedorova et Nicolas II, attire plus de 300 visiteurs par jour
chez Alexandre Doumtchenko ! Ce dernier est fier d’occuper l’ancienne chambre à coucher de Raspoutine, une pièce de vingt mètres carrés dont les fenêtres donnent sur la cour. Cet appartement
de cinq pièces est devenu communautaire à l’époque soviétique. Aujourd’hui trois familles l’occupent.
Ici déclare Alexandre, Grinchka a prié Dieu et accueilli des centaines de femmes !
La mise en scène est soignée. Plusieurs tableaux représentant Raspoutine ornent les murs, peints par Alexandre Doumtchenko
lui-même
Au pied d’une toile à l’huile du « vieux saint », des bougies ont été déposées, ainsi que des photos de la
famille impériale et des fleurs artificielles.
Alexandre rapporte
:
« Il y a de simples curieux, mais aussi des femmes un peu étranges ou des gens appartenant à des sectes religieuses.
Certains pensent que l’âme de Raspoutine va leur venir en aide », raconte le peintre qui est le seul habitant de l’appartement à se montrer tolérant envers ces admirateurs. Cette indulgence
n’est peut être pas gratuite, car ses voisins n’ouvrent même pas leur porte aux curieux, ils se disent harcelés de cet intérêt pour Raspoutine.
Les vagues du Temps
Comme l’affirmait Einstein, le Présent, le Passé et le Futur ne font qu’un. Notre optique du temps n’est que la
représentation mentale que nous faisons de ces trois paramètres. Nous ne vivons pas dans un présent fugace, mais dans un vaste océan qui dilue ces trois facteurs. Parfois des bulles du passé
croisent celles du futur et viennent éclorent et troubler le lac bien calme de notre rassurante tranquillité. Ces trois aspects imaginaires de la « Dimension Temps » de cet unique
« Grand Tout » sont parcourus par des courants de vie. Des aiguillages dont nous ignorons totalement les rouages engendrent parfois des collisions d’images issues du passé et du
futur.
Trois siècles après Walter Scott, au mois de septembre 1974, dans la charmante petite ville provinciale de Dunblane, en
Ecosse, l’écrivain A.C. McKerracher, qui venait d’emménager avec sa famille dans son nouveau cottage, décida de s’accorder une petite pause dans son travail rédactionnel et de sortir un
moment pour prendre l’air sous son porche. Sa demeure, située sur une colline, dans un quartier résidentiel calme et paisible, lui offrait une vue plongeante sur la petite cité qui, ce soir
là, était inondée dans la brume.
L’air était froid et sec, la voûte étoilée régnait sur un profond silence enchantant le regard de l’écrivain. Soudain,
cette sérénité fut brusquement troublée par un bruit qui rappelait le mouvement d’une grande foule qui se déplaçait à travers champs !
McKerracher pensa qu’il avait trop travaillé et que son imagination lui jouait des tours. Il rentra immédiatement chez lui.
Cependant, ce bruit de foule le tracassait. Il n’était pas fou, il avait nettement perçu ce bruit perturbateur. Vingt minutes plus tard, il sortit de nouveau. Le phénomène était toujours présent
mais avec plus d’acuité, plus fort et plus rapproché. L’auteur pensa à une énorme troupe d’hommes au pas lourd et puissant qui se déplaçait de l’autre côté de la rue !
L’écrivain fut pétrifié par cet hallucinant spectacle sonore. Plus tard il rapporta :
« J’étais figé sur place, écoutant l’invisible piétinement passer tout à côté. Il devait y avoir des milliers de
marcheurs car le bruit était soutenu. »
Quelques jours plus tard, M. McKerracher rendit visite à un couple de voisins. Ces derniers lui dirent, que la semaine
précédente, assez tard dans la nuit, leur chat et leur chien qui dormaient étaient brusquement sortis de leur sommeil pour se lever d’un bond, le poil tout hérissé, à l’écoute d’un bruit
qu’eux-mêmes n’entendaient pas. Cette situation inhabituelle et incompréhensible dura environ vingt minutes au cours desquelles les deux animaux étaient visiblement terrorisés.
Par peur du ridicule, l’écrivain préféra taire sa propre aventure qui avait eu lieu le même jour à la même heure.
Il décida de mener sa propre enquête, il voulait comprendre. Ce phénomène insolite le tracassait. Ses recherches lui
révélèrent qu’une ancienne voie romaine, conduisant vers le Nord, passait derrière les maisons de l’autre côté de la rue, là précisément où il avait entendu cet impressionnant piétinement.
En 117 de notre ère, la 9ème légion romaine composée de 4 000 soldats ibériques, légion d’élite, avait été
envoyée dans cette région pour réprimer une rébellion des tribus d’Ecosse contre l’envahisseur romain. McKerracher découvrit également que cette légion était poursuivie par la malchance, depuis
qu’elle avait fait fouetter la reine Boadice de la tribu des Icènes, en Angleterre, en l’an 60, et violé ses filles, à la suite d’une mésentente de celle-ci et les représentants de Rome. Folle de
rage, la reine maudit alors cette légion romaine pour l’éternité et déclencha une révolte sanglante contre celle-ci.
La Légion fut par la suite réorganisée mais ne fut plus jamais la même. La malchance et le malheur la poursuivant, elle
pris le nom de « 9ème la Guigne »…
L’histoire rapporte qu’envoyée en Ecosse pour réprimer la révolte des tribus écossaises, cette 9ème légion disparut sans
laisser de traces juste après avoir traversé l’endroit où allait naître, des siècles plus tard, la petite ville de Durblane…probablement sur la colline où résidait M. McKerracher !
Dix ans plus tard, en Octobre 1984, à l’issue d’une conférence locale donnée par une association féminine, l’écrivain qui
avait depuis déménagé dans un autre quartier de Durblane, entendit à nouveau parler de cette fameuse légion romaine disparue. En effet, Cecilia Moore, un des membres de l’association, se leva et
prit la parole pour déclarer qu’il se pourrait bien qu’elle ait entendu le bruit fait par cette légion romaine.
Elle expliqua qu’elle vivait sur la colline, en face de l’ancienne maison de McKerracher …là où dix ans plus tôt, ce
dernier entendit cet hallucinant bruit de foule en marche.
Cecilia Moore expliqua qu’un soir, alors qu’elle faisait sortir son chat, elle avait tout à coup entendu ce qui lui avait
paru ressembler « aux bruits d’une armée traversant son jardin !
L’écrivain fut désormais convaincu, comme il l’écrivit, que ce soir là, c’était bien « la légion romaine, en marche
vers son destin fatal, il y a presque deux mille ans. », qu’il avait entendue.
Méfaits du XVIIe siècle
Le célèbre écrivain Walter Scott, à qui nous devons La Démonologie ou Histoire des démons et sorciers
(traduit en français par Albert Montémon, Paris, Ménard, 1838), nous livre le témoignage d’un chroniqueur écossais du XVIIIe siècle, Patrick Malker, surprenant à plus d’un titre.
« Plusieurs personnages encore vivants peuvent attester qu’en l’année 1686, aux mois de juin et juillet,
près le bac de Crosford, deux milles au-dessous de Lanark et particulièrement aux Mains, sur la rivière Clyde, une grande foule se rassembla plusieurs fois après-midi, il y avait là une pluie de
bonnets, de drapeaux, de fusils et d’épées ; les arbres et le terrain en étaient couverts : des compagnies d’hommes armés marchaient en ordre le long de la rivière ; des
compagnies, rencontrant des compagnies se ruaient les unes contre les autres, et, tombant à terre, disparaissaient ; d’autres reparaissaient immédiatement et marchaient dans la même
direction.
Je suis allé là trois fois consécutives dans l’après-midi et j’ai observé qu’il y avait deux tiers des gens qui avaient vu,
et un tiers qui n’avait rien vu ; ceux qui avaient vu étaient saisis d’une telle frayeur et d’un tel tremblement que ceux qui n’avaient pas vu en étaient troublés (…). Ceux qui avaient vu
ces choses-là pouvaient décrire les espèces de batteries de fusils, leur longueur et leur largeur, et la poignée des épées, si elles étaient petites ou triangulaires ou selon la mode des
montagnards ; les ganses des bonnets noirs ou bleus ; et ceux qui virent ces objets, en sortant de chez eux aperçurent un bonnet et une épée qui tombèrent sur leur chemin. »
Ces « diableries » appartiennent au monde tabou des mystères d’un univers parallèle ; par ignorance, elles
ont été classées dans ce qu’on appelle trop facilement « l’occultisme ». Cependant l’histoire fourmille de faits analogues. La frilosité de certains chercheurs officiels interdit que
ces frontières d’un autre monde peu rassurant soient franchies !
Adrienne l’aviatrice
Tout chercheur doit parfois être un hérétique, c’est-à-dire un apostat qui, au sens grec du terme, déserte volontairement
les sentiers battus et mille fois foulés de la recherche limitée pour aller plus loin dans la découverte et s’interroger sur des faits étranges, que Charles Fort nommait maudits.
L’énigme Adrienne Boland que nous allons rapporter ici va faire dresser les cheveux sur la tête des rationalistes les plus
chauves mais, pour les consoler de notre outrecuidance, de notre hardiesse, nous leur demanderons seulement de vérifier les éléments de notre enquête.
Adrienne Boland nous a quitté il y a quelques années, pour rejoindre le Baron rouge au bar de l’escadrille des pilotes
téméraires. C’est grâce aux conseils d’un médium que l’aviatrice réussit, en 1921, la traversée de la Cordillère des Andes. Monde inconnu, la Cordillère n’avait jamais été prospectée par les
topographes et aucune carte n’existait alors de ces lieux terriblement inhospitaliers.
Tenter une telle aventure à bord d’un avion datant de la Première Guerre mondiale était une pure folie, pour ne pas dire un
suicide. Les appareils de l’époque ne dépassaient jamais un plafond de 6 000 à 7 000 mètres. Cinq aviateurs avant elle avaient trouvé la mort en voulant tenter cette traversée.
Tous les amis d’Adrienne s’efforçaient de la dissuader d’aller ainsi risquer sa vie dans une aventure sans lendemain. Elle
condamna sa porte, voulant échapper pour quelques heures à ces excédantes recommandations.
Une visiteuse parvint cependant, on ne sait comment, à la joindre.
L’aviatrice avait en face d’elle une dame d’un âge respectable, paraissant très exaltée :
« Je suis venue vous donner un conseil, dit cette personne. Lorsque vous survolerez les abords de la Cordillère
des Andes, vous vous trouverez engagée face à une longue vallée. A un certain moment, vous surplomberez un lac ayant la forme d’une huître. Là, si vous continuez la vallée qui va vers la droite,
vous n’en reviendrez jamais ; mais si vous virez à gauche, vous parviendrez devant un barrage de sommets paraissant infranchissables ; dirigez-vous alors vers des cimes ayant la forme
d’un dossier de chaise retourné ; lorsque vous l’approcherez, vous découvrirez une brèche. N’hésitez pas : passez dans cette brèche ; tout ira bien. »
Adrienne Boland, qui était toute à son vol, congédia l’illuminée, mais resta quand même sous le coup d’une curieuse
impression. A l’aube, le lendemain, elle s’envolait, laissant sur le terrain ses amis totalement persuadés de ne plus jamais la revoir.
Elle survola la longue vallée encaissée, que cinq ou six pilotes avant elle avaient déjà empruntée, lorsque tout à coup
elle sursauta. Sous son avion, le lac en forme d’huître brillait sous les rayons du soleil matinal. Très troublée, elle repensa à sa visiteuse de la veille. Sans hésiter, délaissant la vallée
qu’elle comptait pourtant suivre, elle vira sur sa gauche vers le mur des hauts sommets qui semblaient lui barrer la route.
En approchant, elle découvrit une cime qui avait la forme d’un dossier de chaise retournée. Se dirigeant vers elle,
l’aviatrice eut la surprise de voir la brèche indiquée par sa visiteuse. Elle s’y engagea et, se trouvant au-dessus des pentes descendantes du versant opposée, elle se laissa glisser jusqu’à
Santiago du Chili.
La Cordillère des Andes avait été vaincue par une française !
De retour en Argentine, elle n’eut plus qu’une hâte : retrouver la précieuse conseillère, car elle était troublée et
intriguée par l’exactitude des renseignements, qui lui avaient valu la réussit. De qui son étrange visiteuse tenait-elle tant d’informations exactes sur ces sommets inviolés et considérés comme
totalement inconnus ?
La dame lui fit cette curieuse réponse :
« Personne, que je sache, ne connaît la Cordillère des Andes ; mais je fais partie d’un groupe de
médiums : nous nous sommes intéressés à votre voyage qui passionnait et inquiétait l’opinion. Lors d’une séance de spiritisme, une de nos amies, guidée par une entité, nous a ordonné de vous
transmettre ces renseignements et c’est moi qui me suis portée volontaire pour vous joindre. »
Peu de mois avant sa mort, survenue il y a quelques années, Adrienne Boland, femme solide et équilibrée, affirmait être
toujours fort troublée par cette incroyable aventure.
L’aviatrice conquit des sommets réputés inviolables grâce à une communication venue d’un autre temps, d’un autre univers
encore inaccessible à nos sens.
Le Baron rouge
Au mois d’avril 1943, le Coronet rapporta un fait troublant. Un certain lieutenant Grayson prétendait avoir, en
1940, au cours d’une patrouille de nuit près de Douvres, rencontré un avion à la silhouette inconnue. L’ayant pris en chasse sans pouvoir le rattraper, finalement il le vit clairement sous un
rayon de lune. C’était un biplan dont les ailes portaient la croix de fer, symbole de l’Allemagne impériale. Sur le fuselage peint en rouge figurait le « Cirque volant », emblème du
baron Manfred von Richthofen !
Echappé du « Paradis des pilotes perdus », le « Baron rouge » et son avion étaient revenus hanter un
fragment de l’espace-temps de 1940 !
Des questions sans réponses
Nous sommes environnés de chose sans nombre qui échappent à notre sensibilité et attisent notre curiosité. A chaque
instant, le fantastique est présent à nos côtés et nous aimerions bien connaître les lois qui le régissent.
L’être humain a toujours été attiré par le mystère, et la soif de l’invisible hante chaque génération. Scientifiques et
empiriques poursuivent un même rêve : découvrir les frontières exactes et précises de la connaissance humaine, ceci afin de pénétrer dans cet univers parallèle qui semble gouverner nos vies.
Malheureusement l’imperfection de nos sens dissimule un monde infini de vibrations, sans doute plus peuplé que celui que nous connaissons.
Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©
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