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« Rouletabille Chez Les Bohémiens », pourrait fort bien nous renvoyer à la sulfureuse affaire de Rennes-le-Château.
Dans son livre, Gaston Leroux met en lumière divers éléments qui nous semble intéressant de mettre en lumière :
La pieuvre, entre autre d’être un symbole chrétien, est aussi la figuration des esprits infernaux, les enfers.
La pieuvre est familière dans l’histoire de Rennes-le-Château car on la retrouve sur la célèbre stèle funéraire de la tombe de Marie Nègre d’Ables d’Hautpoul, de Blanchefort, qui d’après certain, la singulière épitaphe cacherait l’anagramme de TEMEREPO : MORTEPEE, déjà mentionné dans l’excellent ouvrage de notre ami Franck Marie, Rennes-Le-Château Etude Critique (Vérités Anciennes 1978).
Parmi les personnages du roman de Leroux, il y a une jeune femme qui semble désigné par la prophétie du Livre des Ancêtres, l’écrivain nous dit que ce livre fut odieusement dépouillé de son ancienne splendeur… S’il avait voulu parler du « Sepher El Zohar », le livre de la Splendeur, il n’aurait pas mieux fait.
Ce personnage se prénomme « Odette » et bien curieusement se prénom cache l’anagramme d’une région de France car il s’agit de l’Aude (Ode…tte)
Puis, nous trouvons également le personnage Alari, dont le nom rappelle sans équivoque celui d’Alaric.
« (…) tu es de la race, descends et prends ! …C’est le livre des ancêtres (…) » (Rouletabille Chez Les Bohémiens, chapitre IX).
L’action du livre se déroule dans le Languedoc et aux Saintes Maries de la Mer (où les Gitans se réunissent chaque année pour faire leurs dévotions à Sainte
Sarah).
A la manière d’Henri Boudet, l’auteur de la Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes-Les-Bains, l’écrivain fera de nombreuses
phrases en languedocien. Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
« (…) Si les bohémiens, chassés de frontière en frontière, ne savaient, vivants, où reposer leurs têtes, on pouvait se demander également où reposaient leurs morts, car jamais on ne vit tombe de bohémiens. Si bien que la légende raconte qu’ils détournent le lit des ruisseaux pour y enfouir les corps qu’ils veulent sauver de la profanation des roumis (…) » (Rouletabille Chez Les Bohémiens, chapitre IX)
La Famille De Joyeuse
Dans son dixième chapitre, le terme « joyeux » revient très souvent. Nous trouvons également le personnage de Jean Des à la quête de quelques indications pour se jeter sur la trace d’Odette qui a été enlevée. Les dés jetés nous renvoient bien entendu à l’église de Saint Sulpice où l’on peut voir deux romains jouant la tunique du Christ à une partie de dé lors de la crucifixion.
Joyeux, dans ce contexte pourrait bien faire référence à la famille De Joyeuse, les seigneurs du château de Couiza, qui fut construit sur les bords de l’Aude à une petite distance de l’embouchure de la Salz. Jadis, celui-ci comptait un bâtiment carré, flanquée d’une tour ronde à chacun de ses angles. Quatre corps de logis relient entre elles les tours et servent d’encadrement, dans l’intérieur de l’édifice, à une cours d’honneur formant un quadrilatère régulier.
« (… ) Bientôt la vieille basilique sort de la lagune, dresse ses tours noires au bord de la mer, découpe sur l’horizon ses mâchicoulis et son chemin de ronde, tel un château fort. Son abside est un véritable donjon qui, jadis, a pu repousser l’assaut des sarrasins…Maintenant, il couvre de son ombre la tourbe mouvante des bohémiens (…)» (Rouletabille Chez Les Bohémiens, chapitre X)
Or, par suite d’arrangements survenus probablement entre le Vicomte Jean de Joyeuse (alias Jean Des) et le chapitre de l’église cathédrale d’Alet que présidait son frère, l’Evêque Guillaume IV de Joyeuse, la suppression du prieuré de Cousan (Couiza) était facile, et le Vicomte devenait seigneur du lieu de Cousan au moyen de la fixation de la mense qui revenait à ce chapitre.
Ce qui expliquerait pourquoi Gaston Leroux nous parle d’une basilique semblable à un château fort, qu’il nomme en languedocien le viei castou nou , le château neuf…
On pourra aussi remarquer le personnage de « Callista » qui nous renvoie à Callisto, de la mythologie grecque, la nymphe d’Arcadie aimée de Zeus. Elle fut changée en grande ours par Hera et tuée à la chasse par Artémis. Zeus fit d’elle une constellation, la Grande Ourse.
Les bergers d’Arcadie
Cette divinité féminine nous entraîne dans l’Arcadie mythique, dont certains s’accordent à dire que la légende s’est déroulé dans le Razès…
N’oublions pas que la célèbre toile de Nicolas Poussin, « Les Bergers d’Arcadie », fut recherchée par Louis XIV, qui la voulait suspendue dans sa chambre au château de Versailles : Cette toile représente trois bergers et une femme (Isis ?) auprès d’un tombeau accompagné d’une célèbre épitaphe : « et in Arcadia ego » Message initiatique ? Moi aussi j’ai été en Arcadie est lourd de sens car encore aujourd’hui aucun chercheur n’à découvert le vrai sens de cette épitaphe…Et les traductions divergent selon certain la plus juste traduction serait : Vas, je recèle les secrets de Dieu mais il faut y aller sur la pointe des pieds...
Le plus surprenant dans cette toile est que ce n’est pas Poussin qui a pris modèle sur le tombeau des Pontils, situé entre Serres et
Arques, car celui-ci n’existait pas au XVIIème siècle. Il fut réalisé en 1903 à la demande du petit-fils d’un industriel –
la famille Lawrence – qui avait acheté auparavant la propriété sur laquelle se trouvait le monument jusque dans les années 80 avant qu’il
ne soit détruit par l’actuel propriétaire du terrain. La légende raconte que Monsieur Lawrence, ne fera rien de moins que d'embaumer le corps de sa grand-mère et ceux de ses nombreux chats, selon
la volonté de la défunte, et il placera les dépouilles dans le tombeau.
Cependant, le mystère subsiste : pourquoi le paysage représenté dans le tableau de Poussin et celui, bien réel qui se trouve derrière le tombeau ?
De plus, il serait aussi extraordinaire que le peintre qui ne séjourna en France que pendant deux ans (du 17 décembre 1640 au 25 septembre 1642) ait pu quitter Paris pendant au mois trois mois pour aller peindre un paysage dans les Corbières
Une autre curiosité se rapporte à Nicolas Poussin. Celui-ci s’était choisi un seau assez particulier : il représentait un homme tenant une nef ou une arche avec la devise tenet confidentiam : il détient le secret
Par allieurs, « et in Arcadia ego » est une forme de phrase inconnue au XVIème siècle. On peut, curieusement la retrouver dans la crypte de l’observatoire de Paris, aux côtés d’une vierge noire… et également la retrouver sur la deuxième stèle de la tombe de Marie Nègre d’Ables d’Hautpoul, de Blanchefort, qui fut inhumée en 1781.
« (…) Callista vint se planter devant le jeune home, éleva son bras nu à la hauteur de son visage et, lui montrant un cercle d’or où l’on avait tracé un signe mystérieux fait de la rencontre et du mélange de deux religions : la Croix et le Croissant le Tout en forme de poignard (…) » (Rouletabille chez les Bohémiens, Chapitre II)
Est-ce que la croix et le croissant en forme de poignard sont là pour nous rappeler la Barque ?
Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©
Illustration graphique par Christophe Villa-Mélé
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